Paske !

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Le bureau des plaintes est définitivement fermé !

Oh bien sûr, on peut toujours essayer de s’y adresser, la porte est grande ouverte et le préposé aux réclamations est toujours présent. Mais il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé et pour moi le premier, depuis un bon moment !
Il se trouve que l’opérateur a déjà beaucoup payé de sa personne et trop peu reçu en compensation.
Il se trouve aussi que dorénavant il a d’autres chats à fouetter, que de mobiliser son attention, pour tenter d’éprouver de l’empathie pour ce qui ne le concerne pas. Il a bien mieux à faire, genre s’occuper prioritairement de sa petite personne, là où d’autres l’ont tout naturellement conduit à le faire lui-même, sourds, aveugles et complètement déconnectés !
Prioritairement, mais pas exclusivement, paske il lui reste malgré tout un soupçon d’humanité, n’ayant pas complètement réussi à se débarrasser de toute sa sensibilité. Même si elle est parfois bien encombrante, quand elle l’amène à s’émouvoir devant une certaine forme de misère humaine, incapable d’avoir la même considération en retour…
Quand l’impuissance se regarde dans le miroir, condamnée à cohabiter avec elle-même, tant que cela reste supportable… Tant que chacune d’elle sait se ressourcer ailleurs, plutôt que de s’épuiser dans des affrontements qui n’ont aucune chance d’aboutir quelque part.
Tant que ses chaînes ne le blessent que superficiellement, quand l’envie est trop forte de tirer dessus.
Tant qu’il sait qu’il possède un double des clefs et qu’il saura s’en servir le moment venu… Avant que sa vie ne devienne réellement un enfer, ou bien quand elle saura lui donner des ailes, le gage absolu d’un rêve enfin devenu réalité.
Quand, comment ? Quel importance de le savoir ! La conviction d’être en chemin est suffisante. Avec l’assurance de ne rien regretter de ce détachement progressif et de là où il conduit tout naturellement.
Tant que tous les panneaux indiquent la même direction, on ne change pas de cap et il n’y a aucune bonne raison de s’inquiéter !


Only Time will say

 

 


Ptêtre dans une autre vie… ! 

Dans l’idéal, on se voudrait capable de tout prendre, de tout accepter et de tout apprécier chez l’Autre… Le bon comme le mauvais, les qualités comme les défauts, ce qui nous plaît comme ce qui ne nous plaît pas. Sûrement que ça arrangerait bien l’Autre en question et ptêtre même qu’il/elle en rêve secrètement, même sans en être capable personnellement et sans que cela soit un problème !

Koikil en soit, comment y parvenir à cette largesse d’esprit ? Et le tout, dans une vision la plus réaliste possible, celle qui colle le plus à son « objet », dans une identification totale, sans aucune subjectivité. Donc débarrassée de toute projection, uniquement sensible à ce qui est envoyé, sans aucun filtre ni miroir…

Parfois c’est mission impossible, quand on est la proie d’attentes irréalisables et qu’on s’use la santé à espérer un futur qui n’a aucune chance de se produire. Aux prises avec des contradictions limite schizophrènes, amenés à éprouver des sentiments contraires aux mêmes moments… Tout en ne sachant pas comment y échapper, tiraillés entre les deux versants (en apparence opposés) d’une même personne, quand on s’avise de la concevoir dans sa globalité…

En oubliant que l’on produit très certainement le même effet en retour et qu’en face, les problèmes ne sont pas forcément mieux gérés !

En oubliant surtout que si l’Autre n’est pas complètement sans responsabilités, il y a d’abord un travail à faire en soi, pour se sortir de ce piège.

Well… Chacun sa technique, en fonction de sa propre histoire, de ses outils disponibles et de ce qu’il/elle veut faire de sa vie !

Perso, j’ai choisi de ne pas voir ce que je n’ai pas envie de voir, de ne pas vivre ce que je n’ai pas envie de vivre. Pour ne prendre que ce qui me plaît et que j’aime chez l’Autre et qui m’est généreusement offert.

Mais pour être honnête, j’avoue que pendant longtemps, il n’en a pas été ainsi ! Sûrement persuadé de détenir quelques vérités absolues, je guerroyais sans relâche pour essayer de les partager au maximum. Tel un chevalier en croisade, face à un univers de mécréants qu’il me fallait absolument convertir… Pour leur permettre de devenir fréquentables !
Oui, mais ça… C’était avant !

Avant que je reçoive un jour LA RÉVÉLATION. Ou plutôt, avant d’être fatigué de me battre contre des moulins, avant de ressentir de manière incontournable, une certaine urgence de vivre. Et de réaliser que j’en étais le principal responsable ET artisan.

Alors, si la Vérité est et sera toujours Ailleurs, c’est forcément de ce côté là que je vais continuer d’orienter ma vie. Pour continuer de suivre mes rêves au plus près, de ceux qui me sont accessibles. En oubliant les autres, pour ne plus avoir à les chasser, ni à entendre ce qu’ils voudraient essayer de me faire croire et qui ne me concerne pas.

Lmdef


Et si… 

Et si l’hormone de l’aptitude au bonheur était aussi celle de l’aptitude à créer…
Les grands créateurs finiraient tous malheureux et deviendraient fous à force de l’être, ou l’inverse !
Tandis qu’ils resteraient peut-être stériles, si cette hormone n’était utilisée que pour produire du bonheur, en eux et autour d’eux ?

Vaste théorie, qui ne mène nulle part et qui n’a pas d’autre intérêt que d’occuper une nuit qui sera ptêtre blanche… Ou grise, au mieux, si j’arrive à me rendormir !

Quand certains parviennent sans trop de difficultés à chasser les démons qui les hantent, à surfer sur les ténèbres qui les menacent, si jamais le vent venait à faiblir… Réussissant à oublier en affichant un large sourire, tous leurs échecs et leurs perspectives incertaines !

Quand personne ne peut faire autrement que de vivre avec, en se réfugiant dans un univers parallèle pour essayer d’y échapper.
Faisant le choix de produire du bonheur, coûte que coûte, pour pouvoir continuer de mener leur barque, malgré les vagues et les courants contraires.

Là où d’autre utiliseront cette énergie autrement, dans un effort de créativité, entraînés par son mouvement, pour la canaliser et l’évacuer.

Quand ptêtre, ce n’est pas du tout une question de choix, mais qu’il faut savoir réagir face à l’urgence, en s’employant du mieux qu’on le peut, à faire ce qu’on sait le mieux faire… Plutôt que de tourner en rond et même en s’arrangeant pour tourner dans le sens inverse de ces idées noires, qui dansent cette ronde têtue quelque part à l’intérieur.

Paske en réalité, à cette heure tardive, j’ai bien mieux à faire que de danser, surtout que je bosse demain ! Mais ce qui m’a tiré de mon sommeil, n’a sûrement pas pu se résoudre par les rêves et demandait trop à sortir autrement. Comme ces rivalités qui doivent se mettre à l’écart, pour aller s’expliquer dehors sur le trottoir. Pour ne pas gâcher la fête… Et risquer de commettre des dégâts collatéraux !

Quand certaines tensions ne peuvent se résoudre que physiquement, quand on est allé au bout du pouvoir des mots et de l’esprit. Quand c’est l’anima/l en nous qui est atteint et que pour s’en sortir, il se doit de réagir en animal. En engageant son corps tout entier, dans un combat ressenti comme nécessaire et inevitable… Un combat contre lui-même et ce mal qui le ronge…
Pour l’entraîner vers la victoire, animé par ses forces vitales… Soit par le chemin du bonheur, soit par celui de l’expression artistique…

Soit, dans l’idéal mais moins souvent, par cet autre chemin plus difficile à trouver, mais qui saurait conjuguer les deux autres, en permettant une réalisation heureuse de soi !

Lmdef


​Le boudin à la sauce Lmdef

C’est une recette régionale, pour ne pas dire locale ! Même si dans le coin, on a plutôt tendance à l’appeler autrement, plutôt que ce nom basique, que je trouve plutôt dévalorisant, rapport à ses hautes origines, qui se perdent dans la nuit des temps d’une prise de… Conscience qui nous passe largement au-dessus de la tête ! 

Car il faut savoir que ce n’est pas d’hier qu’on le cuisine par ici. D’aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs, je crois que je l’ai toujours connu, selon une longue tradition transmise de père en fils et dont chaque famille garde précieusement les secrets de fabrication. 

Mais il est inutile de faire grand mystère des ingrédients nécessaires à sa préparation, car on retrouve partout un peu la même base. Ce qui peut changer par contre, c’est l’origine des épices que chacun choisit à sa convenance, quand ils ne s’imposent pas d’eux-mêmes, à partir de ce qu’il est possible de trouver sur le marché. Surtout à certains moments de l’année, quand on trouve des promotions sur des produits étrangers, ou au contraire quand les récoltes locales sont abondantes et disponibles au meilleur prix. 

Idem pour la maturation initiale, quand il faut laisser reposer le mélange, avant de pouvoir le travailler pour faire ressortir son parfum. Puis sa cuisson pour finir, soit lente à douce température, soit à feu vit, après avoir fait préchauffer le four. Tout dépend si on aime bien cuit ou croustillant en surface et saignant à l’intérieur ! 

Il faudra donc partir d’un bon coup de sang et chaud de préférence. Donc en évitant absolument, tout ce qui pourrait provenir d’une première pression à froid, idéale pour l’huile d’olive, mais contre-productif, si on souhaite préparer un boudin qui tienne bien au corps. Il faudra donc attendre que le sang soit bien descendu au niveau des tripes et qu’il soit en quantité suffisante, avant d’ouvrir les vannes, pour le laisser couler en abondance, juske à la dernière goutte. 

Ceci pour qu’il puisse nous raconter toute son histoire et autres anecdotes subtiles, qui une fois mises bout à bout, lui donneront son caractère si particulier. Ce petit goût mystérieux venu d’ailleurs, tant recherché, une saveur aigre-douce et sans pareil ! Vous comprendrez à ce stade de la préparation, que le mot boudin, par sa sonorité enfantine, est très mal choisi. De part la complexité de ce qui a participé à sa conception, qu’il s’agisse de l’influence du milieu, de son entourage, ou bien celle de son histoire personnelle. 

Mais il ne faudrait surtout pas oublier l’importance du choix des épices. Mais aussi le moment crucial où il faudra les incorporer une par une, soit en saupoudrant par pincées subtiles, soit carrément à la louche, selon l’effet recherché. Et sans avoir peur que les saveurs se mélangent, s’entrechoquent et se contredisent, pour augmenter l’effet de surprise au moment de la dégustation. Quitte à complètement décontenancer les gourmets qui se mettront à table… Ils n’en seront que davantage séduits, pour ne pas dire devenus complètement addictifs ! 

On peut alors mesurer ô combien la préparation peut s’avérer longue et délicate, avant de pouvoir démarrer la cuisson finale. Il s’agit d’un travail méticuleux et très attentif, qui oblige à surveiller de très près la maturation du mélange. Pour éventuellement rajouter quelques épices, un peu plus de celle-ci ou un peu moins de celle-là, pour respecter un timing très précis, afin de réaliser le meilleur boudin possible. Le mélange initial doit en effet gonfler progressivement et dès que de petites bulles commencent à apparaître à sa surface, cela signifie qu’une fermentation active est en train de s’opérer en son centre et qu’il est temps d’enfourner ! 

Et c’est alors le temps de la cuisson. Celui-ci peut varier selon la météo intérieure, ou en fonction du moment où les convives se retrouveront à table, pour célébrer leur retrouvailles autour d’un bon plat. Celui qu’ils auront tous plus ou moins contribué à réaliser, de près ou de loin ! 

J’ajouterai pour ma part, qu’il est préférable de manger chaud, même si certains estomacs délicats risquent de mal le supporter. Il est parfois plus difficile de bien digérer une cuisine différente de celle que l’on a l’habitude de faire chez soi, même en utilisant à la base les mêmes ingrédients… Et même en toute insouciance ! 
 

Lmdef, cuistot inspiré, à ses heures